S'inscrire
Accès client sécurisé
Vous avez oublié votre mot de passe ?

LIMITER LE RECHAUFFEMENT MONDIAL A 2°C

23/11/2015

La 21ème conférence des Nations unies sur les changements climatiques, la COP21 (Conference of the parties), aura lieu du 30 novembre au 11 décembre prochain à Paris au Bourget.

196 pays doivent y sceller un accord qui limiterait les émissions de gaz à effet de serre (GES).

Sur le site cop21.gouv.fr, on peut lire le récent rapport du PNUE (programme des nations unies pour l'environnement) et de l'I4CE (institute for climate economics) sur la France, qui "identifie les points clés des avancées menées par les acteurs privés et public en France au cours des deux dernières décennies, et détaille les mesures pionnières en lien avec le climat introduite cette année."

 

La situation :

Les GES entrainent un réchauffement de la surface terrestre. En effet, s’ils n’empêchent pas le rayonnement solaire d’arriver jusqu’à nous, ils retiennent une partie du rayonnement infrarouge réémis par la terre, l’empêchant ainsi de repartir vers l’espace.

Si l’effet de serre n’existait pas, la surface terrestre aurait une température moyenne de -18C, ce phénomène est donc bénéfique. Cependant, l’Homme a déréglé la mécanique naturelle de cet effet de serre,  en émettant de grandes quantités de GES. La combustion de pétrole et gaz, la déforestation et l’agriculture intensive ont ainsi fortement accentué ce phénomène.

Les principaux GES sont : le dioxyde de carbone CO2, le méthane (60% de ses émissions provoquées par l’activité humaine, et le protoxyde d’azote (qui contribue à la destruction de la couche d’ozone).

Un article du 09 novembre publié par Le Monde parle du constat de l’Organisation météorologique mondiale qui vient de rendre public son rapport : « Les rejets de gaz à effet de serre dans l’atmosphère ont atteint un record en 2014 ». L’article précise que le record est battu chaque année depuis une tenue des statistiques fiable en 1984.

Les conséquences de ce réchauffement climatique :

-         La montée des températures (les modèles climatiques prévoient une hausse allant de 0.3°C à 4.8°C à l’horizon 2081-2100)

-         Des évènements extrêmes plus fréquents est plus intenses : inondations, tempêtes, sécheresses…

-         L’élévation du niveau des océans et leur acidification (dont les conséquences à long terme sont méconnues)

-         L’augmentation des précipitations dans l’hémisphère nord

Les états doivent s’engager à apporter leur « contribution nationale » pour atteindre l’objectif mondial de limitation du réchauffement à 2°C d’ici 2100.

 

Deux axes pour limiter le réchauffement à 2°C :

L’atténuation :

 Par des actions qui permettront de réduire les émissions de GES, notamment le développement des énergies renouvelables, les économies d’énergie, la séquestration du carbone (extension des forêts, captage et stockage du CO2)…

L’adaptation :

Les conséquences du changement du climat sont déjà visibles et il faut s’y adapter : en protégeant les littoraux, en gérant de façon plus économe les ressources en eau, en adoptant de nouvelles pratiques industrielles et agricoles...

Le problème, c'est que la mise en place de toutes ces mesures nécessite du temps et surtout d'importants moyens financiers.

 

Domaine de la viticulture :

La vigne est bien sûr concernée par l’évolution du climat qui est un élément composant des terroirs. Il influe sur les comportements de la vigne et sur les caractéristiques du produit. Il existe un projet européen, Life adviclim, en partenariat notamment avec l’IFV (Institut français de la vigne et du vin), qui vise à observer le climat à l’échelle locale dans différents vignobles (35 répartis dans 15 pays) représentatifs de leur diversité.

Hervé Quenol, directeur du laboratoire LETG-Rennes Costel, en assure la coordination. Il en trace les grandes lignes dans un entretien à écouter sur le webmedia de l’université de Rennes. Ce projet aurait pu s’appliquer sur d’autres cultures mais comme il l’explique, « l’avantage de la vigne est qu’elle est un très bon marqueur du changement climatique…elle a des stades de croissance bien marqués qui correspondent à des saisons bien définies… ». Cela permet d’avoir des informations comparables d’une année à l’autre. De plus on trouve de nombreux documents historiques sur le climat dans les anciennes exploitations viticoles. Il a d’ailleurs été observé ces 50 dernières années une avancée de la date des vendanges.

Le but de ces études est d’arriver à proposer des scénarios éco responsables d’adaptation, comme par exemple, diminuer la température en enherbant les vignes, modifier le mode de conduite de la vigne, privilégier les cépages moins sensibles à la sécheresse, pratiquer l’irrigation au goutte à goutte... Les pratiques culturales devront évoluer régulièrement, tout en travaillant en parallèle sur l’atténuation des émissions de GES.

La Revue des œnologues a consacré dans son magazine publié en avril 2015 un long éditorial sur l’adaptation de la viticulture au changement climatique et sur le projet Life-Adviclim. Il y est précisé que « pour démontrer l’intérêt d’une gestion locale, le projet développera des technologies adaptables aux territoires viticoles européens : un réseau de mesures et une plateforme web qui permettent aux producteurs d’évaluer les impacts du changement. »

La revue souligne également que les résultats des mesures ont mis en évidence la forte variabilité du climat sur des espaces restreints. « Au niveau des températures, les différences spatiales engendrées par les conditions locales (topographie…) sont très souvent supérieures à l’augmentation de température simulée par les différents scénarios du GIEC (groupe d’expert intergouvernemental sur l’évolution du climat) pour les 50 années à venir…les vignerons s’adaptent à cette variabilité du climat qui détermine en partie les caractéristiques et la typicité de leur vin ». Ceci est un atout car « cette démarche d’analyse spatiale peut-être une méthode d’adaptation ».

Autre élément intéressant, les producteurs bio interrogés mentionnent une meilleure résistance des vignes au stress hydrique.      

On observe déjà une baisse des rendements dans certains vignobles méditerranéens accompagnée de problèmes qualitatifs. Les vins sont plus alcoolisés, avec des arômes moins complexes, contrairement à la tendance actuelle des vins plus fruités. A l’inverse, des vignobles de Grande-Bretagne, Suède ou Danemark gagnent en qualité.

L’irrigation ne peut être "la" solution car elle s’avère très couteuse, parfois techniquement impossible à mettre en place sur certaines parcelles et de plus ses droits sont limités.

 A long terme, il y aurait peut-être une modification de la répartition des vignobles avec éventuellement la disparition de certaines zones au sud et l’apparition de nouvelles en Europe du Nord.

Voir toutes les actualités

Contactez-nous

Recopiez
le code
Partenaires