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LA BACTERIE XYLELLA FASTIDIOSA INQUIETE

15/10/2015

Cette bactérie est présente depuis longtemps sur le continent américain où elle affecte différentes cultures, selon ses sous-espèces,  telles que les caféiers, les agrumes, les amandiers… et les vignes notamment au sud de la Californie.

La situation en Europe 

-         En Italie : Les oliviers 

La bactérie est apparue en 2013 au sud-est de l’Italie y détruisant les oliveraies. A ce jour, dans la région des Pouilles, la superficie de la zone contaminée représente 200 000 ha, avec d’importantes conséquences économiques pour le 2ème producteur d’huile d’olive après l’Espagne.

La propagation de la Xylella fastidiosa dépend de plusieurs facteurs : la présence de végétaux hôtes, de certains insectes vecteurs, du climat…

Sur le site d’agriculture-environnement.fr, le Dr Thuilier, consultant scientifique européen, dans un entretien publié le 23 juillet, remarque que « le fait qu’Olea europaea soit hôte de xylella fastidiosa est un phénomène récent dans le monde. »

La bactérie se transmet par des insectes piqueurs-suceurs de sève : « une fois que la plante hôte réceptive a été colonisée, les bactéries adhérentes entre elles à la surface des vaisseaux du xylème (constituant des tissus végétaux), forment une communauté multicellulaire qui sécrète une matrice adhésive et protectrice, un biofilm, visible macroscopiquement sous la forme d’un gel. Ce biofilm gel arrive à obstruer la circulation d’eau à travers les vaisseaux et bloque alors la nutrition de la plante. »

Ainsi, les feuilles des oliviers puis leurs rameaux se dessèchent et l’arbre meure.

La souche de xylella fastidiosa qui frappe les oliviers italiens appartient à la sous-espèce pauca (la même que celle à l’origine de la maladie sur l’oranger et caféier en Amérique du Sud).

-         En France : les arbustes polygales à feuilles de myrtes décoratifs

La bactérie a été découverte en Corse au mois de juillet. L’article publié dans l’Express le 31 juillet dernier révèle les résultats d’analyse de la bactérie identifiée en Corse du sud : « cette nouvelle bactérie appartient à la sous-espèce mutiplex, totalement différente de la sous-espèce pauca identifiée en Italie ».

Au 14 septembre dernier, dans un article du Point, le nombre de foyers recensés en Corse était de 78.

Sur le continent, à plusieurs reprise, les services phytosanitaires avaient intercepté des lots de caféiers importés d’Amérique Latine contenant la bactérie. Cependant, les tests effectués en France sur les végétaux cet été s’étaient révélés négatifs.

 C’est le 13 octobre, comme on peut le lire dans l’article publié dans Nice Matin, que le ministère de l’agriculture a confirmé un cas de xyllela fastidiosa : « Un arbuste polygale à feuille de myrte situé dans un massif arbustif de la commune de Nice a été identifié comme présentant des symptômes douteux le 16 septembre. La présence de la bactérie xylella fastidiosa sous-espèce mutiplex a été confirmée lundi ».

Comment lutter ?

A ce jour, il n’existe pas de solution efficace, qui n’affecte pas la plante et qui soit respectueuse de l’environnement.  

Le seul moyen est d’arracher et détruire les arbres de la zone infectée dans un rayon de 100 mètres, puis de traiter les arbres sur une zone tampon dans un rayon de 10km.

Dans le magazine Réussir Vignes du mois d’octobre, Clara de Nadaillac consacre un article très intéressant sur cette bactérie. Elle souligne la difficulté pour la détecter de par le grand nombre de plantes porteuses ne présentant pas de symptômes (309 en Europe) et par le nombre élevé de vecteurs potentiels (50 en France) qui sont de surcroit différents de ceux identifiés en Amérique. Elle précise qu’à ce jour, seul le cercope des prés a été reconnu comme vecteur.

Un gros travail de recherche est en cours et des essais sont réalisés : les différentes solutions possibles sont compliquées et demanderont beaucoup de moyens. Elles sont expliquées en détail par le Dr Thuillier. Parmi elles, l’utilisation de petits peptides antimicrobiens (PAM) qui permettrait à la plante de se défendre et tuer la bactérie ou bien une autre solution serait de perturber le langage de xylélla fastidiosa en empêchant ces bactéries de communiquer entre elles et donc de se multiplier…

Surveillance et prévention

Aucun traitement n’étant actuellement disponible, des mesures de surveillance et de prévention s’imposent.

Ainsi dans le rapport de la mission d’expertise du 31/08/2015 sur l’apparition des foyers xylélla fastidiosa en Corse, à retrouver sur le site agriculture.gouv.fr, de nombreuses recommandations sont préconisées à différents niveaux :

-         Amplifier les campagnes de communication auprès des filières agricoles

-         Etre en mesure de faire appliquer rapidement les mesures de luttes obligatoires en toute légalité en cas de survenue de foyers

-         Instaurer la délivrance d’un passeport phytosanitaire européen pour la commercialisation des plants polygales et des plantes hôtes avérées

-         Intensifier les contrôles sur les marchés professionnels

-         Capturer et analyser les insectes susceptibles d’être des vecteurs

-              Nettoyer le matériel

-         Maintenir le suivi des espèces végétales connues pour être sensibles à XF multiplex

-         Développer un site actualisé….

Qu’en est-il de la vigne ?

La bactérie responsable de la maladie de Pierce qui détruit les vignes aux Etats-Unis notamment en Californie s’appelle la xylella fastidiosa fastidiosa.

A ce jour, elle n’a jamais été retrouvée en France. Selon les propos rapportés de Marie-Agnès Jacques de l’INRA par Clara de Nadaillac : « si la sous-espèce qui s’attaque à la vigne n’a pas été introduite jusqu’à présent, il y a peu de chance que cela arrive….La surveillance est efficace…Mais bien sûr le risque zéro n’existe pas ». D’après elle, la mutation de la bactérie corse ou italienne est également peu probable.

Compte tenu des incertitudes sur l'origine de son apparition et en l'absence d'un traitement efficace, la bactérie inquiète . D'ailleurs, dans Réussir Vignes, le président de l’lnstitut Français de la Vigne et du vin, Jean-Pierre Van Ruyskensvelde, conseille vivement de rester vigilant lors des achats de plants ou des inspections de la vigne.

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