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LA SANTE DU VIGNOBLE EST MENACEE

07/08/2015

Avec ses 750000 ha de vigne, la France est particulièrement touchée par les maladies du bois.

Un état des lieux et des pistes de travail ont été présentés lors d’un séminaire organisé à Paris le 22 juillet dernier par le CNIV (Comité National des Interprofessions des Vins à Appelation d’Origine) et Franceagrimer.

  • Leur constat :

La part du vignoble français improductif est passée de moins de 6% en 2003 à 13% en 2013.

Cette augmentation engendre un manque à gagner à court terme pour les viticulteurs et menace la pérennité du vignoble.

Dans un article du Nouvel Observateur « Les maladies du bois tuent le vignoble français à petit feu » publié le 28 juillet, Juliette Pousson rapporte les propos de Jérôme Agostini, directeur du CNIV : « Le Jura et la Charente sont les plus affaiblis … Quand à expliquer ce déséquilibre, c’est pareil : on ne possède aucun élément de réponse ».

Parmi les maladies de bois, l’Esca et la Flavescence dorée sont les plus connues et il n’existe pas à ce jour de produits miracles, peu couteux et respectueux de l’environnement qui permettent de les vaincre.

Le seul remède contre l’Esca, l’arsenite de sodium est interdit en France depuis 2001.

Quand à la Flavescence dorée, le moyen de l’éradiquer est d’enlever le pied contaminé, cependant si 20% des pieds sont infectés, la totalité de la parcelle doit être arrachée, cf notre actualité sur ce sujet : « Flavescence dorée : restez vigilant ».

Marie-Laetitia des Robert, du cabinet d’étude BIPE, dans un article de La Vigne publié le 23 juillet par Christelle Stef, confirme l’idée qu’ « Il n’y aura jamais de solutions simples aux maladies de dépérissements de la vigne. Il ne pourra y avoir que des approches globales et intégrées qui en limiteront les effets ».

  • Les différentes pistes :

Depuis plusieurs années, des actions sont en cours à la fois pour stopper la propagation des maladies et également pour rendre la vigne plus résistante.

Toujours selon le BIPE, en ce qui concerne la recherche, il faut une démarche plus nationale, d’où la mise en place d’un observatoire nationale du vignoble qui « permettrait  d’avoir accès aux données sur l’état sanitaire mais aussi sur le sol, le climat, les dates de taille de vendange, etc. »

Parallèlement à la recherche il faut travailler sur les pratiques culturales.

 C’est également un des axes développé par la Commission du Vignoble Charentes Cognac dans son rapport réalisé en mars 2014 « Les maladies du bois en Charentes ».

Des conseils concrets pour « adapter les pratiques viticoles à la gestion des maladies du bois » y sont proposés, par exemple concernant l’influence de la taille, car « Les voies d’entrée préférentielles des principaux champignons des maladies des bois sont les plaies de taille ».

Pour limiter ou remplacer l’usage de produits chimiques, des travaux sont aussi poursuivis dans le but de créer des variétés résistantes aux maladies : à lire les explications données par l'IFV sur les étapes et les objectifs de l'innovation variétale.

Cette création résulte de croisements obtenus par fécondation naturelle avec des espèces sauvages. L’inconvénient est le temps nécessaire, il faut 15 ans. Jacques Rousseau a consacré un grand article sur ce sujet dans le paysan vigneron du mois de mai dans lequel sont détaillées les méthodes de création variétale, par hybridation ou par sélection assistée par marqueurs. Contre l’oïdium et le mildiou, les premières inscriptions de variétés polygéniques seront présentées en 2016 par l’INRA, dans le cadre du programme RESDUR.

Il existe bien d’autres programmes de recherche au niveau européen et international, mais il est difficile de trouver des alternatives  aux traitements chimiques qui soient efficaces à 100%, faciles à mettre en place, tout en préservant la qualité des cépages...

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